Les meilleurs crus de Pessac-Léognan

Dernière mise à jour: 04.10.22

 

Pour les connaisseurs, l’appellation d’origine contrôlée (AOC) Pessac-Léognan ne devrait plus vous paraître inconnue. Si ce n’est pas le cas, sachez que les breuvages étiquetés sous cette dénomination sont produits dans le vignoble de Graves, situé aux alentours de Pessac et de Léognan. Concrètement, il s’agit de l’une des zones comprises dans le vignoble de Bordeaux. Et pour votre première dégustation, mieux vaut s’informer sur le sujet avant de jeter votre dévolu sur une bouteille lambda. Zoom sur le sujet !

 

Petite histoire

Pour planter le décor, nous vous proposons tout d’abord de partir à la connaissance de l’espace géographique dans lequel est produit le vin Pessac léognan, car après tout, la qualité de ce type de boisson est tributaire de cette information. 10 communes comprises dans la Gironde jouissent de l’appellation Pessac-Léognan, mais la star de cette AOC demeure le « Château Haut-Brion » et c’est d’ailleurs pour cette raison que beaucoup pense qu’il s’agit du principal château léognan.

Bien que le goût d’un vin de Graves rouge puisse varier d’une liqueur à une autre, on retrouve tout de même certaines caractéristiques que toutes partagent, ce sont généralement des vins aux tanins serrés et enveloppants, mais l’harmonie demeure au rendez-vous avec des notes de fruits mûrs qui peuvent parfois être substituées par de la réglisse en fin de bouche. D’ailleurs cet aspect est tout à fait typique d’un Pessac bordeaux. Maintenant que les bases sont claires, voici sans plus tarder notre avis sur les vins les plus populaires de Pessac-Léognan.

 

  • Château Haut-Brion 1945 dégusté le 10 décembre 1994 (noté 100/100 par Robert Parker)

La dégustation de ce breuvage s’est faite à plusieurs reprises et ses notes se révèlent particulièrement harmonieuses. D’une grande profondeur, le Haut-Brion de 1945 est la parfaite incarnation du style de Haut-Brion avec une robe d’un grenat des plus opaques teinté par des bords légèrement ambrés. Au nez, le breuvage laisse échapper un bouquet qui enivre de fruits noirs sucrés, de tabac, de noix fumées pour une finale subrepticement goudronnée.

Ce vin est pourvu d’une excellente densité qui s’additionne avec une extraction de fruits et des saveurs bien corsées. La texture est, en ce sens, très onctueuse avec des tanins peu présents relevés par une bonne dose de glycérine mélangée à de l’alcool. C’est tout simplement un breuvage qui a acquis toute la maturité nécessaire pour l’obtention d’un vin de graves de haute qualité et sans faille. 

  • Château Haut-Brion 1989 dégusté le 6 février 2003 (noté 100/100 par Robert Parker)

Par excellence, c’est sans doute le vin le plus jeune et le plus apprécié des vins de Bordeaux produit au cours du dernier demi-siècle en Pessac léognan. C’est un grand classique qui ne connaît pas de déclin avec sa majestueuse saveur qui ne fait pas honte au terroir dont elle provient. Elle se révèle élégamment dans robe bien épaisse qui mêle à la fois le rubis et le pourpre.

Ce qui est impressionnant chez cette liqueur c’est sa capacité à dévoiler des arômes impressionnants malgré son jeune âge : graphite, confiture de cassis et de mûres, terre brûlée, réglisse, épice et pain grillé. C’est un vin de Graves bien symétrique et d’une grande pureté, ce qui lui octroie sa réputation légendaire. Son développement est tout juste entamé, car c’est un préadolescent qui devrait atteindre le summum de sa maturité dans un délai de 3 à 5 ans. À ce moment-là, il sera en mesure de rivaliser avec les plus grands du nom des vins de Pessac léognan. 

 

  • Château Haut-Brion Blanc 1989 dégusté le 08 février 2003 (noté 100/100 par Robert Parker)

S’il fallait trouver le breuvage absolu de la catégorie des Blancs de Haut-Brion qui est un château de France de pessac-léognan, c’est sans doute ce vin qui devrait rafler le titre du meilleur. Nous pensons même que c’est pour cette raison que l’administrateur affilié aux propriétés Dillon avait ressenti cette liqueur comme une parfaite reproduction du Grand cru blanc de Bourgogne qui est doté d’une texture à la fois suave et charnue.

Ce Pessac leognan blanc est d’autant plus précieux, car on enregistre uniquement 600 caisses de ce vin à la robe jaune/or. En bouche, ces notes s’étendent sur un laps de temps conséquent et il met à profit du dégustateur un caractère minéral et mielleux qui le distingue des autres boissons. Par ailleurs, sa vie est estimée assez courte, car l’acidité n’est pas très présente, même s’il est possible que ce vin perdure encore pour 25 années. Il séduit principalement par ses arômes riches en caramel, en beurre et en pêche miellée.

 

  • Château Haut-Brion 2005 dégusté le 15 août 2015 (noté 100/100 par Robert Parker)

Malgré le jeune âge de ce vin de graves rouges, il renferme beaucoup de finesse et d’élégance. Bien évidemment, sa puissance n’égale pas celle de La Mission, mais il importe de préciser qu’il n’a rien à envier à ses pairs de par la complexité des arômes que l’on y retrouve et son goût noble. Le nez met en avant des parfums de fumée et de bleu qui s’harmonisent avec du rouge et du noir.

En bouche, on décèle une saveur corsée qui s’accompagne d’un pied délicat avec une longueur impressionnante. À ce stade de maturation, le vin commence tout juste à mûrir, mais il est certain que dans les 3 décennies qui suivent, l’ensemble ne pourra que se bonifier. La maturation sera probablement à terme en 2045. 

  • Château Pape-Clément 2010 dégusté le 14 février 2013 (noté 100/100 par Robert Parker)

C’est un mélange qui a tout pour plaire et qui surprend généralement les puristes. En effet, il est constitué de 51 % de Merlot, de 47,5 % de Cabernet Sauvignon et de 1,5 % de Petit Verdot, tout ce qu’il y a de plus plaisant à mettre dans une bouteille. L’ensemble a une teneur d’alcool qui s’élève à 14,5 %. Élégant et puissant, sa texture n’est pas vraiment des plus corsées et ce vin de Pessac léognan rouge dispose de notes de copeaux de plomb, de cassis, de camphre, de bleuet qui s’accompagnent d’une touche fumée.

S’il fallait le comparer avec la déclinaison de 2005 qui bénéficie également d’une AOC Pessac léognan, on se rend vite compte qu’il a subrepticement eu le temps d’évoluer même si ces 2 breuvages partagent le même stade d’âge. Néanmoins, afin que les autres nuances puissent prendre le devant, il serait sans doute plus sage d’attendre 5 ou 7 à peu près avant de passer à la dégustation. Cette liqueur en a encore pour plus de 30 à 40 ans de vie.

 

  • Château Haut-Bailly 2009 dégusté le 30 avril 2015 (noté 100/100 par Robert Parker)

Ce millésime Pessac léognan de 2009 est vêtu d’une robe d’un rubis/pourpre et opaque. Son nez révèle des arômes qui s’imbriquent harmonieusement entre eux, à savoir : du tabac à cigares dont la qualité est élevée, du cassis, des épices, mais aussi du graphite. Le palais prend subtilement une tournure corsée et en bouche, on ressent la richesse de tous ses composants et la qualité n’est pas en reste. En effet, outre le rendu élégant, on est également face à une liqueur très aérienne difficilement articulable.

Elle renferme une complexité indicible avec des caractéristiques antinomiques : puissant et délicat, corsé et gracieux à la fois. La richesse de l’ensemble offre un vin charnu qui n’a pas encore fini de révéler son plein potentiel, tout comme la généralité des breuvages de 2009. Néanmoins, sa dégustation peut d’ores et déjà se faire étant donné la quantité importante de fruits qu’il renferme ainsi que son niveau d’acidité assez faible. Cette liqueur est toutefois en mesure de se développer jusqu’en 2065.

 

  • Château Haut-Brion 2009 dégusté le 24 décembre 2011 (noté 100/100 par Robert Parker)

Issu du château Pessac leognan Haut-Brion, ce vin incarne la puissance et représente même la version du siècle d’un millésime Pessac léognan de 1959. Il se compose de 40 % de cabernet sauvignon, de 46 % de merlot et de 14 % de cabernet franc, le tout avec une teneur en alcool assez élevée de 14,3 %. Comparé à son grand frère de 1989, on peut s’aventurer à dire que leur note technique est semblable, néanmoins, celui-ci se distingue amplement par le taux d’alcool plus élevé. Son parfum nous révèle du tabac à cigare non fumé qui s’accorde somptueusement avec des braises subtiles, des framboises noires, des bleuets, des figues et du charbon de bois. En toute évidence, son nez est absolument riche, ce qui incite souvent les dégustateurs à s’y attarder pendant un long moment.

Mais cette liqueur ne finit pas de surprendre une fois en bouche grâce à sa texture qui mêle l’onctuosité et le corsé. C’est également un vin qui n’est pas des plus acides de par son pH qui avoisine les 4,0. Sa garde devrait passer par une décennie et il pourrait perdurer pour plus d’un demi-siècle encore. Si vous êtes un fan de compositions complexes de Haut-Brion, il faudra s’attendre à découvrir en cette liqueur un vin beaucoup plus riche et corpulent.

  • La Mission Haut-Brion 2009 dégusté le 24 décembre 2011 (noté 100/100 par Robert Parker)

Dès sa sortie de la cave à vin, cette liqueur qui fait partie des vins de graves est dotée d’un caractère impressionnant, d’autant plus qu’il s’agit sûrement de la meilleure que l’on puisse goûter au baril. Une fois mise en bouteille, la qualité des arômes et des saveurs se retrouve encore plus décuplée. Elle fait, par ailleurs, pencher la balance jusqu’à obtenir 15 % d’alcool. La combinaison du cabernet sauvignon et du merlot est un vrai régal, d’autant plus que la quantité des cépages a été méticuleusement dosée de manière à ce que chacun ait une représentation de 47 %. 

Sa robe pourpre est d’une grande profondeur tout en demeurant opaque. Au nez viennent se bousculer les arômes de terre brûlée, de liqueur de myrtille, de mûre et de bouquet de truffe. De par sa concentration élevée, sa texture a acquis une certaine viscosité tout en demeurant bien onctueuse pour les palais sensibles. Les saveurs sont douces et pourvues d’une forte densité, si bien que l’on a souvent l’impression de se faire bercer à la dégustation. Sa durée de vie devrait pouvoir s’étendre jusqu’à un peu plus de 75 ans vu que le tanin est suave et que l’onctuosité est au rendez-vous.

 

  • Château Pape Clément Blanc 2009 dégusté le 29 décembre 2011 (noté 100/100 par Robert Parker)

Dans le cas où l’on souhaite découvrir le meilleur des breuvages de Pessac ou de leognan, le Pape Clément Blanc de 2009 représente également un excellent choix. En effet, outre le fait que ce domaine historique ait longtemps fait parler de lui, leur vin blanc vous propose de dénouer quelques intrigues gustatives et le jeu en vaut réellement la chandelle. Il se compose de 16 % de Sauvignon gris, de 35 % de Sémillon et de 40 % de Sauvignon Blanc qui sont additionnés avec de la Muscadelle. Le nez laisse échapper des parfums de fruits tropicaux, de pommes vertes, de marmelade d’orange et d’abricot, d’ananas, et de chèvrefeuille.

Quant à la bouche, elle est de nature acidulée et bien corsée s’accompagnant d’une texture presque similaire à un cru de Bourgogne blanc. Ce Pessac léognan blanc est très exquis et ne fait aucunement honte à son terroir.

 

  • Smith-Haut-Lafitte 2009 dégusté le 29 décembre 2011 (noté 100/100 par Robert Parker)

Propriété de Daniel et Florence Cathiard, ce vin est sans doute le vin le mieux réalisé de leur panoplie. Sa robe emprunte une teinte opaque bleue/pourpre, tandis que son nez séduit par le bouquet d’acacia, de charbon de bois, de framboises noires, de réglisse et de bleuets. C’est un vin assez gros qui dispose d’une grande onctuosité en termes de texture. Vu sous cet angle, on comprend assez vite pourquoi il fait partie des rares breuvages de cette année à être autant notés. La douceur de ses tanins s’aligne à une certaine puissance et à une grande profondeur. Ce breuvage peut très bien vieillir pour une durée de 30 à 40 ans, tandis que son développement devrait s’arrêter au cours de l’année 2052.

 

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